Titre : |
La gestion des impluviums en Androy (Madagascar), un levier pour le changement social ? : *** |
Auteurs : |
Morlat, Laetitia, |
Editeur : |
GRET |
Année de publication : |
2009 |
Importance : |
95 p. |
Note générale : |
CHANGEMENT SOCIAL ET DEVELOPPEMENT |
Mots-clés : |
MADAGASIKARA GENRE DEVELOPPEMENT RURAL ACCES A L'EAU ANDROY DEVELOPPEMENT DES COLLECTIVITES CHANGEMENT SOCIOCULTUREL |
Résumé : |
La région Androy est la plus au sud et la plus pauvre de Madagascar. Elle souffre en premier lieu d'une extrême rareté des ressources en eau. La collecte d'eau de pluie est une solution très prisée par les habitants. Toutes sortes de dispositifs, improvisés ou plus sophistiqués, existent depuis longtemps dans la zone pour récolter le précieux liquide. Les impluviums, infrastructures de collecte d'eau de pluie, représentent un moyen de pallier la carence quotidienne en eau que subit la population. On compte actuellement plus d'une centaine d'impluviums dans la région. Certains ont été construits, pour les plus anciens, dès 1970 par l'État malgache, d'autres plus récemment par la coopération japonaise, les organisations catholiques, etc. Entre 2005-2007, le projet Gret/Objectif Sud a construit ou réhabilité plus de trente impluviums dans le cadre de son volet d'appui au développement local. À travers les impluviums, il ne s'agissait pas seulement d'améliorer les conditions d'approvisionnement en eau des habitants des villages antandroy. La mise en place de modalités de gestion impliquant les femmes, premières concernées par la corvée de l'eau, devait impulser un changement social. Trois ans après leur construction, comment les impluviums du projet Objectif Sud étaient-ils gérés ? La gestion des impluviums construits par Objectif Sud ne faisait plus l'objet d'un suivi de l'équipe projet. Elle était, depuis plusieurs années, laissée à l'entière appréciation des habitants. Ainsi, il est apparu intéressant d'étudier les modalités de gestion qu'ils ont développées, au regard notamment des principes d'action qui avaient guidé l'équipe projet. Une étude anthropologique a été menée par une jeune anthropologue française durant six mois, en 2008.
L'objectif était de comprendre comment la gestion était réalisée, par qui elle était maîtrisée, selon quelles règles, édictées par qui et dans le cadre de quels rapports de pouvoirs. Pour cela, il était particulièrement important de ne pas avoir d'a priori sur les règles de gestion et les formes institutionnelles pertinentes, mais bien de comprendre quels principes ont du sens aux yeux des habitants et pourquoi Les impluviums constituent une solution technique pertinente car ils fournissent une eau à la fois de proximité, de qualité et peu coûteuse. La première qualité du service, la proximité, est de loin la plus importante du fait que les habitants sont quotidiennement contraints de parcourir jusqu'à dix kilomètres pour s'approvisionner en eau. Cependant, l'apport en eau fourni par l'impluvium reste très insuffisant. L'eau étant consommée dès qu'elle est disponible, les impluviums sont toujours vides au moment de la période de sécheresse. L'effet de l'impluvium sur l'approvisionnement en eau se décrit plutôt en termes d'allègement de la corvée d'eau que d'augmentation de la quantité moyenne d'eau consommée par les ménages. La gestion de l'impluvium est déterminée par les rapports sociaux dans les villages. Les rôles sont clairement identifiés. Les comités de gestion mis en place sur conseil d'Objectif Sud ont un rôle fonctionnel : ils ouvrent l'impluvium, vendent l'eau, nettoient, réparent, etc. Les rôles décisionnels sont maîtrisés par les notables des villages. Par exemple, ce sont eux qui décident de la composition du comité, de l'utilisation de l'argent, etc. Les comités de gestion ne fonctionnent pas comme des entités autonomes sur la question de l'eau, ils regroupent des personnes dont la marge de manoeuvre sur le fonctionnement de l'impluvium varie en fonction de leur position sociale. Les femmes sont présentes en assez grand nombre dans les comités. Cette présence importante est le résultat d'une forte prise en compte de la problématique du « genre » par le Gret. Les femmes ont tendance à remplir des rôles qui correspondent, par ailleurs, à leurs rôles sociaux (vente de l'eau et nettoyage de l'impluvium). Leurs qualités spécifiques sont reconnues : sérieux, application, honnêteté. Elles n'ont aucun pouvoir décisionnel. D'une manière générale, la durée de mise en oeuvre du projet était trop courte pour espérer observer
de réels changements sociaux. Néanmoins, cette expérience rend possible l'identification des dynamiques sociales sur lesquelles il est possible de jouer pour favoriser le changement social. Parmi celleci se trouve notamment le principe pour les anciens de déléguer des responsabilités, certes fonctionnelles, à des personnes compétentes même si elles n'ont pas de statut social élevé. Cela est valable pour les hommes comme pour les femmes et peut être considéré comme un levier pouvant susciter une évolution graduelle de la distinction décideurs/exécutants en une distinction conseillers/ gestionnaires- - - |
Note de contenu : |
- - - - - - |
Numéro du document : |
14B |
Niveau Bibliographique : |
4 |
Bull1 (Theme principale) : |
CHANGEMENT SOCIAL ET DEVELOPPEMENT |
La gestion des impluviums en Androy (Madagascar), un levier pour le changement social ? : *** [] / Morlat, Laetitia, . - GRET, 2009 . - 95 p. CHANGEMENT SOCIAL ET DEVELOPPEMENT
Mots-clés : |
MADAGASIKARA GENRE DEVELOPPEMENT RURAL ACCES A L'EAU ANDROY DEVELOPPEMENT DES COLLECTIVITES CHANGEMENT SOCIOCULTUREL |
Résumé : |
La région Androy est la plus au sud et la plus pauvre de Madagascar. Elle souffre en premier lieu d'une extrême rareté des ressources en eau. La collecte d'eau de pluie est une solution très prisée par les habitants. Toutes sortes de dispositifs, improvisés ou plus sophistiqués, existent depuis longtemps dans la zone pour récolter le précieux liquide. Les impluviums, infrastructures de collecte d'eau de pluie, représentent un moyen de pallier la carence quotidienne en eau que subit la population. On compte actuellement plus d'une centaine d'impluviums dans la région. Certains ont été construits, pour les plus anciens, dès 1970 par l'État malgache, d'autres plus récemment par la coopération japonaise, les organisations catholiques, etc. Entre 2005-2007, le projet Gret/Objectif Sud a construit ou réhabilité plus de trente impluviums dans le cadre de son volet d'appui au développement local. À travers les impluviums, il ne s'agissait pas seulement d'améliorer les conditions d'approvisionnement en eau des habitants des villages antandroy. La mise en place de modalités de gestion impliquant les femmes, premières concernées par la corvée de l'eau, devait impulser un changement social. Trois ans après leur construction, comment les impluviums du projet Objectif Sud étaient-ils gérés ? La gestion des impluviums construits par Objectif Sud ne faisait plus l'objet d'un suivi de l'équipe projet. Elle était, depuis plusieurs années, laissée à l'entière appréciation des habitants. Ainsi, il est apparu intéressant d'étudier les modalités de gestion qu'ils ont développées, au regard notamment des principes d'action qui avaient guidé l'équipe projet. Une étude anthropologique a été menée par une jeune anthropologue française durant six mois, en 2008.
L'objectif était de comprendre comment la gestion était réalisée, par qui elle était maîtrisée, selon quelles règles, édictées par qui et dans le cadre de quels rapports de pouvoirs. Pour cela, il était particulièrement important de ne pas avoir d'a priori sur les règles de gestion et les formes institutionnelles pertinentes, mais bien de comprendre quels principes ont du sens aux yeux des habitants et pourquoi Les impluviums constituent une solution technique pertinente car ils fournissent une eau à la fois de proximité, de qualité et peu coûteuse. La première qualité du service, la proximité, est de loin la plus importante du fait que les habitants sont quotidiennement contraints de parcourir jusqu'à dix kilomètres pour s'approvisionner en eau. Cependant, l'apport en eau fourni par l'impluvium reste très insuffisant. L'eau étant consommée dès qu'elle est disponible, les impluviums sont toujours vides au moment de la période de sécheresse. L'effet de l'impluvium sur l'approvisionnement en eau se décrit plutôt en termes d'allègement de la corvée d'eau que d'augmentation de la quantité moyenne d'eau consommée par les ménages. La gestion de l'impluvium est déterminée par les rapports sociaux dans les villages. Les rôles sont clairement identifiés. Les comités de gestion mis en place sur conseil d'Objectif Sud ont un rôle fonctionnel : ils ouvrent l'impluvium, vendent l'eau, nettoient, réparent, etc. Les rôles décisionnels sont maîtrisés par les notables des villages. Par exemple, ce sont eux qui décident de la composition du comité, de l'utilisation de l'argent, etc. Les comités de gestion ne fonctionnent pas comme des entités autonomes sur la question de l'eau, ils regroupent des personnes dont la marge de manoeuvre sur le fonctionnement de l'impluvium varie en fonction de leur position sociale. Les femmes sont présentes en assez grand nombre dans les comités. Cette présence importante est le résultat d'une forte prise en compte de la problématique du « genre » par le Gret. Les femmes ont tendance à remplir des rôles qui correspondent, par ailleurs, à leurs rôles sociaux (vente de l'eau et nettoyage de l'impluvium). Leurs qualités spécifiques sont reconnues : sérieux, application, honnêteté. Elles n'ont aucun pouvoir décisionnel. D'une manière générale, la durée de mise en oeuvre du projet était trop courte pour espérer observer
de réels changements sociaux. Néanmoins, cette expérience rend possible l'identification des dynamiques sociales sur lesquelles il est possible de jouer pour favoriser le changement social. Parmi celleci se trouve notamment le principe pour les anciens de déléguer des responsabilités, certes fonctionnelles, à des personnes compétentes même si elles n'ont pas de statut social élevé. Cela est valable pour les hommes comme pour les femmes et peut être considéré comme un levier pouvant susciter une évolution graduelle de la distinction décideurs/exécutants en une distinction conseillers/ gestionnaires- - - |
Note de contenu : |
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Numéro du document : |
14B |
Niveau Bibliographique : |
4 |
Bull1 (Theme principale) : |
CHANGEMENT SOCIAL ET DEVELOPPEMENT |
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