Titre : |
Défis, enjeux et politiques : Migration, environnement et changements climatiques à Madagasikara |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
S. Ranaivoson, Auteur ; D. Hervé, Auteur ; S. Razanaka, Auteur |
Editeur : |
Antananarivo [Madagasikara] : Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) |
Année de publication : |
2018 |
Importance : |
193 p. |
Note générale : |
PMB Environnement/14 |
Langues : |
Français (fre) |
Catégories : |
SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT
|
Mots-clés : |
CHANGEMENT CLIMATIQUE MIGRATION ENVIRONNEMENT MIGRANT DU SUD DE MADAGASIKARA LIEN ENTRE MIGRATION,CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENT |
Index. décimale : |
303.48 Causes du changement : Acculturation, développement scientifique et technique, catastrophes naturelles |
Résumé : |
Cette Evaluation nationale pays : « Migrations, environnement et
changements climatiques : base d’information pour l’élaboration de
politiques à Madagascar » s’intègre dans le cadre du projet régional «
Migration, environnement et changements climatiques : Données à
l’usage des politiques de l’Afrique Australe et dans l’océan Indien » mis en oeuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Ministère de l’Environnement, de l’écologie et des forêts (MEEF) à Madagasikara, et auquel l’Ile Maurice, le Mozambique et la Namibie participent aussi. Migration, environnement et changements climatiques sont interdépendants. Tout comme une dégradation de l’environnement et des catastrophes naturelles peuvent causer la migration, les mouvements de population peuvent avoir des effets significatifs sur l’environnement local et les écosystèmes. Sont donc touchées aussi bien les régions desquels sont originaires les migrants, que les régions où ils transitent ou s’installent. L’Evaluation nationale pays vise à mettre à disposition du Gouvernement
de Madagasikara et des partenaires nationaux intéressés par les enjeux
de migration, d’environnement et de changement climatique, une
base d’informations permettant de mieux connaitre et comprendre
le lien qui existe dans le pays entre la migration et les changements
environnementaux, y compris le changement climatique, afin d’éclairer
la formulation de politiques publiques et la planification opérationnelle. Cette évaluation se propose d’analyser le cadre politique, juridique et opérationnel de chacun de ces phénomènes, les principaux défis, la cartographie nationale des vulnérabilités, ainsi que les causes, les effets et les impacts multisectoriels de cette interdépendance. Différentes études indiquent que Madagasikara se trouve parmi les pays qui seront parmi les plus affectés par les effets du changement climatique. La présente étude mets en évidence que les changements climatiques comme la disponibilité des ressources naturelles sont parmi les causes de départ de migrants des régions les moins favorisées au sud du pays vers d’autres régions plus favorisées. Le cadre juridique national par rapport à l’environnement propose un arsenal étendu de politiques publiques et de lois, mais qui restent applicables compte tenu d’une sous-administration chronique. A travers les motivations au départ des migrants internes et les impacts environnementaux liés aux activités économiques des migrants dans les zones d’arrivée, l’étude relève que le cadre politique et juridique des migrations est ancien, inopérant devant les nouvelles formes de migrations internes et insuffisant pour adresser les enjeux d’interdépendance entre la migration interne, l’environnement et les changements climatiques à Madagasikara. Les études de cas conduites sur sites portent sur deux zones d’arrivée de migrants provenant du sud de Madagascar, Kirindy dans le Menabe (ouest) et Marovoay dans le Boeny (nord-ouest), deux zones qui présentent des ressources naturelles représentatives de l’ouest malagasy, forêt sèche avec des taux élevés de déforestation dans le Menabe et riziculture dans le Boeny. Pour ces deux zones d’arrivée, l’étude documente des mouvements migratoires anciens, lointains et complexes, et des motivations au départ liées principalement à la sècheresse chronique dans le sud du pays, à la recherche d’opportunités économiques, mais aussi induites par certaines formes d’insécurité. Ces migrations interviennent dans un contexte historique de déplacement organisé de main d’oeuvre à des fins agricoles, et de différentiel important de développement entre les régions d’origine et de destination des migrants. Dans les zones d’arrivées, les migrants participent au développement de nouvelles filières économiques très rentables d’exportation, correspondant à des pôles de production spécialisée demandeurs de main d’oeuvre temporaire, centrés sur le maïs, l’arachide et le haricot « black-eye ». Mais ces activités économiques entrainent toutes des effets néfastes sur l’environnement local, et la vitesse de destruction des massifs forestiers – y compris dans des zones protégées – est alarmante, livrant au désarroi la plupart des intervenants locaux et régionaux de l’environnement et du développement, tant publics qu’associatifs. Par ailleurs, le statut foncier des nouvelles terres défrichées comme des anciennes terres irriguées est source de conflits dans ces zones d’arrivées. Les anciennes concessions coloniales, qui n’ont pas été rétrocédées à l’Etat, sont occupées de fait. La propriété foncière traditionnelle prédomine mais ne parvient plus à résoudre les problèmes migratoires, malgré les efforts de régularisation par la certification des parcelles. Des tensions sociales et ethniques apparaissent suite à la rencontre et à l’interaction entre les cultures et pratiques des nouveaux arrivants et celles des communautés locales. Dans un contexte où l’entrée importante dans la vie professionnelle de jeunes en âge de travailler laisse prévoir une forte pression sur le marché de l’emploi, et dans un contexte qui sera de plus en plus marqué par les effets néfastes du changement climatique dans les zones principales de
départ des migrants, il est plus que probable que l’on observe dans les
années à venir une intensification des flux migratoires internes dans le pays. Si les migrants peuvent dans une certaine mesure contribuer au
développement économique local, la mise en équation des migrations,
avec les enjeux environnementaux et du changement climatique et du
développement local durable, présente des questionnements significatifs
dont les partenaires nationaux et locaux – puissance publique, collectivités territoriales, communautés de base, organisation non gouvernementales (ONGs), et acteurs économiques – doivent se saisir urgemment et qui transcendent les espaces et les niveaux institutionnels. Ces questionnements soulèvent des problématiques en termes d’adéquation du cadre légal, normatif, et administratif devant permettre une appréhension et intégration de ces enjeux dans le contexte plus vaste du cadre politique et normatif de développement national, de gestion des migrations internes, du foncier, de la protection de l’environnement, et de la prévention ou de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique. La réalité rencontrée sur les deux sites d’étude de terrains impose une réflexion urgente en terme de suivi et de réponse opérationnelle concrète aux différents phénomènes observés, en vue de la valorisation des effets positifs liés aux réalités migratoires, et à atténuer les effets négatifs, dans
les zones d’arrivée des migrants et dans les zones d’origine des migrants. Cette Evaluation nationale pays, propose dans la dernière section du document, une série de recommandations pour ce faire. |
Numéro du document : |
PMB environnement/14 |
Niveau Bibliographique : |
1 |
Indicateur Bibliographique : |
B |
Bull1 (Theme principale) : |
GESTION DE L'ENVIRONNEMENT |
Bull2 (Theme secondaire) : |
ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES |
En ligne : |
https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers19-10/010077220 [...] |
Défis, enjeux et politiques : Migration, environnement et changements climatiques à Madagasikara [texte imprimé] / S. Ranaivoson, Auteur ; D. Hervé, Auteur ; S. Razanaka, Auteur . - Antananarivo [Madagasikara] : Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), 2018 . - 193 p. PMB Environnement/14 Langues : Français ( fre)
Catégories : |
SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT
|
Mots-clés : |
CHANGEMENT CLIMATIQUE MIGRATION ENVIRONNEMENT MIGRANT DU SUD DE MADAGASIKARA LIEN ENTRE MIGRATION,CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENT |
Index. décimale : |
303.48 Causes du changement : Acculturation, développement scientifique et technique, catastrophes naturelles |
Résumé : |
Cette Evaluation nationale pays : « Migrations, environnement et
changements climatiques : base d’information pour l’élaboration de
politiques à Madagascar » s’intègre dans le cadre du projet régional «
Migration, environnement et changements climatiques : Données à
l’usage des politiques de l’Afrique Australe et dans l’océan Indien » mis en oeuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Ministère de l’Environnement, de l’écologie et des forêts (MEEF) à Madagasikara, et auquel l’Ile Maurice, le Mozambique et la Namibie participent aussi. Migration, environnement et changements climatiques sont interdépendants. Tout comme une dégradation de l’environnement et des catastrophes naturelles peuvent causer la migration, les mouvements de population peuvent avoir des effets significatifs sur l’environnement local et les écosystèmes. Sont donc touchées aussi bien les régions desquels sont originaires les migrants, que les régions où ils transitent ou s’installent. L’Evaluation nationale pays vise à mettre à disposition du Gouvernement
de Madagasikara et des partenaires nationaux intéressés par les enjeux
de migration, d’environnement et de changement climatique, une
base d’informations permettant de mieux connaitre et comprendre
le lien qui existe dans le pays entre la migration et les changements
environnementaux, y compris le changement climatique, afin d’éclairer
la formulation de politiques publiques et la planification opérationnelle. Cette évaluation se propose d’analyser le cadre politique, juridique et opérationnel de chacun de ces phénomènes, les principaux défis, la cartographie nationale des vulnérabilités, ainsi que les causes, les effets et les impacts multisectoriels de cette interdépendance. Différentes études indiquent que Madagasikara se trouve parmi les pays qui seront parmi les plus affectés par les effets du changement climatique. La présente étude mets en évidence que les changements climatiques comme la disponibilité des ressources naturelles sont parmi les causes de départ de migrants des régions les moins favorisées au sud du pays vers d’autres régions plus favorisées. Le cadre juridique national par rapport à l’environnement propose un arsenal étendu de politiques publiques et de lois, mais qui restent applicables compte tenu d’une sous-administration chronique. A travers les motivations au départ des migrants internes et les impacts environnementaux liés aux activités économiques des migrants dans les zones d’arrivée, l’étude relève que le cadre politique et juridique des migrations est ancien, inopérant devant les nouvelles formes de migrations internes et insuffisant pour adresser les enjeux d’interdépendance entre la migration interne, l’environnement et les changements climatiques à Madagasikara. Les études de cas conduites sur sites portent sur deux zones d’arrivée de migrants provenant du sud de Madagascar, Kirindy dans le Menabe (ouest) et Marovoay dans le Boeny (nord-ouest), deux zones qui présentent des ressources naturelles représentatives de l’ouest malagasy, forêt sèche avec des taux élevés de déforestation dans le Menabe et riziculture dans le Boeny. Pour ces deux zones d’arrivée, l’étude documente des mouvements migratoires anciens, lointains et complexes, et des motivations au départ liées principalement à la sècheresse chronique dans le sud du pays, à la recherche d’opportunités économiques, mais aussi induites par certaines formes d’insécurité. Ces migrations interviennent dans un contexte historique de déplacement organisé de main d’oeuvre à des fins agricoles, et de différentiel important de développement entre les régions d’origine et de destination des migrants. Dans les zones d’arrivées, les migrants participent au développement de nouvelles filières économiques très rentables d’exportation, correspondant à des pôles de production spécialisée demandeurs de main d’oeuvre temporaire, centrés sur le maïs, l’arachide et le haricot « black-eye ». Mais ces activités économiques entrainent toutes des effets néfastes sur l’environnement local, et la vitesse de destruction des massifs forestiers – y compris dans des zones protégées – est alarmante, livrant au désarroi la plupart des intervenants locaux et régionaux de l’environnement et du développement, tant publics qu’associatifs. Par ailleurs, le statut foncier des nouvelles terres défrichées comme des anciennes terres irriguées est source de conflits dans ces zones d’arrivées. Les anciennes concessions coloniales, qui n’ont pas été rétrocédées à l’Etat, sont occupées de fait. La propriété foncière traditionnelle prédomine mais ne parvient plus à résoudre les problèmes migratoires, malgré les efforts de régularisation par la certification des parcelles. Des tensions sociales et ethniques apparaissent suite à la rencontre et à l’interaction entre les cultures et pratiques des nouveaux arrivants et celles des communautés locales. Dans un contexte où l’entrée importante dans la vie professionnelle de jeunes en âge de travailler laisse prévoir une forte pression sur le marché de l’emploi, et dans un contexte qui sera de plus en plus marqué par les effets néfastes du changement climatique dans les zones principales de
départ des migrants, il est plus que probable que l’on observe dans les
années à venir une intensification des flux migratoires internes dans le pays. Si les migrants peuvent dans une certaine mesure contribuer au
développement économique local, la mise en équation des migrations,
avec les enjeux environnementaux et du changement climatique et du
développement local durable, présente des questionnements significatifs
dont les partenaires nationaux et locaux – puissance publique, collectivités territoriales, communautés de base, organisation non gouvernementales (ONGs), et acteurs économiques – doivent se saisir urgemment et qui transcendent les espaces et les niveaux institutionnels. Ces questionnements soulèvent des problématiques en termes d’adéquation du cadre légal, normatif, et administratif devant permettre une appréhension et intégration de ces enjeux dans le contexte plus vaste du cadre politique et normatif de développement national, de gestion des migrations internes, du foncier, de la protection de l’environnement, et de la prévention ou de l’adaptation aux effets néfastes du changement climatique. La réalité rencontrée sur les deux sites d’étude de terrains impose une réflexion urgente en terme de suivi et de réponse opérationnelle concrète aux différents phénomènes observés, en vue de la valorisation des effets positifs liés aux réalités migratoires, et à atténuer les effets négatifs, dans
les zones d’arrivée des migrants et dans les zones d’origine des migrants. Cette Evaluation nationale pays, propose dans la dernière section du document, une série de recommandations pour ce faire. |
Numéro du document : |
PMB environnement/14 |
Niveau Bibliographique : |
1 |
Indicateur Bibliographique : |
B |
Bull1 (Theme principale) : |
GESTION DE L'ENVIRONNEMENT |
Bull2 (Theme secondaire) : |
ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES |
En ligne : |
https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/divers19-10/010077220 [...] |
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