Titre : |
Adaptation aux changements climatiques des populations rurales du sud-ouest de Madagasikara : Diagnostic et Perspectives |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Caroline Broudic, Auteur ; Tsiory Razafindrianilana, Auteur |
Editeur : |
Agence Française de Développement |
Année de publication : |
2020 |
Importance : |
56 p. |
Note générale : |
PMB Environnement/08 |
Langues : |
Français (fre) |
Catégories : |
SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT
|
Mots-clés : |
PLANIFICATION TERRITORIALE CHANGEMENT CLIMATIQUE ADAPTATION AUX TENDANCES CLIMATIQUES |
Index. décimale : |
303.48 Causes du changement : Acculturation, développement scientifique et technique, catastrophes naturelles |
Résumé : |
Madagasikara est l’un des pays au monde les plus vulnérables aux changements climatiques et aux évènements météorologiques extrêmes tels que cyclones, inondations et sécheresses. Le Grand Sud du pays est, depuis au moins deux décennies, affecté par des épisodes de sécheresse sévère dont l’intensité s’est aggravée en 2015 avec le phénomène El Niðo. La dépendance des populations du Grand Sud à l’agriculture pluviale et à l’élevage extensif les rend tributaires des variabilités climatiques. La Direction Générale de la Météorologie (DGM) est la seule habilitée à produire les données sur les prévisions météorologiques et sur le climat. Si la DGM a bénéficié ces dernières années d’un renforcement institutionnel et matériel, des contraintes budgétaires restreignent toujours le maillage des stations (une par région) et des services météorologiques (seules six régions en sont dotées). Des partenariats avec des organisations internationales permettent toutefois d’améliorer la couverture à travers l’installation de stations automatiques additionnelles. Un enjeu fondamental est de pouvoir garantir l’exploitation des données par la DGM autant pour des prévisions saisonnières que pour des modélisations climatiques, ce qui implique des données calibrées et régulières sur un temps long. L’un des constats majeurs de cette étude porte sur le manque abyssal d’informations au niveau des communes (tous acteurs confondus) sur le phénomène des changements climatiques, sur les politiques nationales dans le domaine et même sur les prévisions météorologiques. Ce déficit de connaissances a des conséquences préjudiciables sur les capacités d’adaptation des collectivités locales et des populations. Informer sur les questions climatiques est donc un enjeu central pour que des mesures adaptées puissent être prises au niveau institutionnel, collectif et individuel. Au regard des perspectives annoncées par les scientifiques pour les années et décennies à venir, il est crucial d’intégrer les changements climatiques dans les planifications territoriales. Cette nécessité est d’autant plus aigue dans le cas du sud-ouest de Madagasikara que les impacts des variabilités climatiques se font déjà ressentir sur les moyens d’existence des populations et sur les ressources naturelles. Il est souvent admis par ailleurs que le niveau local et les communes, constitue l’échelle la plus adaptée pour concrétiser la prise en compte de ces enjeux en prenant des mesures d’adaptation pour le territoire. Les perturbations climatiques sont perceptibles dans la région d’Atsimo Andrefana depuis plusieurs années. Les changements les plus marquants au regard des moyens d’existence de la population concernent la diminution et l’imprévisibilité des précipitations, les variations dans l’intensité et la direction des vents et l’augmentation des températures ressenties. D’après les populations locales, ces changements ont été observés vers l’année 2000 mais se sont intensifiés depuis une dizaine d’années. Les incidences directes se manifestent par des sècheresses intenses et récurrentes dans toute la région. Les mesures d’adaptation des pratiques agricoles aux changements climatiques sont limitées. Certaines mesures d’adaptation des pratiques agricoles contribuent même à l’accentuation du phénomène. En effet, le déficit de pluie incite les paysans à accroitre la superficie cultivée en défrichant de nouvelles parcelles, mais aussi à davantage développer l’itinérance tant pour les cultures que pour la transhumance du bétail. Certaines cultures exigeantes en eau comme le maïs ou l’arachide sont abandonnées et des organisations internationales ont introduit le maraîchage auprès de groupes composés essentiellement de femmes. Le maraîchage est une alternative pour une diversification alimentaire et constitue un complément de revenus. Il est considéré par certains acteurs du développement comme une option pour réduire le défrichement associé à la production de charbon, la vente de bois ou encore l’agriculture sur brûlis. La gestion communautaire des ressources naturelles figure parmi l’une des stratégies adoptées par les populations locales pour enrayer la dégradation forestière au niveau de la région. Cette approche s’appuie sur la gestion locale sécurisée des ressources ou Gelose et est régie par la loi 96-025. Elle est fondée sur un accord tripartite entre les Communauté de Base (COBA), les communes (maires et conseils communaux) et les services techniques de l’Etat (chargées des forêts, des ressources pastorales ou halieutiques). Les communes reçoivent très peu d’appui de l’Etat central que ce soit en termes de subventions ou d’informations. Les représentants des collectivités territoriales sont peu sensibilisés aux enjeux des changements climatiques et n’ont ni les ressources ni les outils pour y faire face. Ils n’ont pas non plus les moyens de faire respecter la loi en matière de défrichement et se retrouvent souvent comme simples observateurs d’une métamorphose des paysages du territoire sous leur juridiction. Ils n’ont pas non plus accès aux informations ou données météorologiques et climatiques.
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Numéro du document : |
PMB environnement/08 |
Niveau Bibliographique : |
1 |
Indicateur Bibliographique : |
B |
Bull1 (Theme principale) : |
GESTION DE L'ENVIRONNEMENT |
Bull2 (Theme secondaire) : |
ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES |
En ligne : |
https://www.actioncontrelafaim.org/wp-content/uploads/2017/09/2020-ACF-Etude-CC- [...] |
Adaptation aux changements climatiques des populations rurales du sud-ouest de Madagasikara : Diagnostic et Perspectives [texte imprimé] / Caroline Broudic, Auteur ; Tsiory Razafindrianilana, Auteur . - Agence Française de Développement, 2020 . - 56 p. PMB Environnement/08 Langues : Français ( fre)
Catégories : |
SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT
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Mots-clés : |
PLANIFICATION TERRITORIALE CHANGEMENT CLIMATIQUE ADAPTATION AUX TENDANCES CLIMATIQUES |
Index. décimale : |
303.48 Causes du changement : Acculturation, développement scientifique et technique, catastrophes naturelles |
Résumé : |
Madagasikara est l’un des pays au monde les plus vulnérables aux changements climatiques et aux évènements météorologiques extrêmes tels que cyclones, inondations et sécheresses. Le Grand Sud du pays est, depuis au moins deux décennies, affecté par des épisodes de sécheresse sévère dont l’intensité s’est aggravée en 2015 avec le phénomène El Niðo. La dépendance des populations du Grand Sud à l’agriculture pluviale et à l’élevage extensif les rend tributaires des variabilités climatiques. La Direction Générale de la Météorologie (DGM) est la seule habilitée à produire les données sur les prévisions météorologiques et sur le climat. Si la DGM a bénéficié ces dernières années d’un renforcement institutionnel et matériel, des contraintes budgétaires restreignent toujours le maillage des stations (une par région) et des services météorologiques (seules six régions en sont dotées). Des partenariats avec des organisations internationales permettent toutefois d’améliorer la couverture à travers l’installation de stations automatiques additionnelles. Un enjeu fondamental est de pouvoir garantir l’exploitation des données par la DGM autant pour des prévisions saisonnières que pour des modélisations climatiques, ce qui implique des données calibrées et régulières sur un temps long. L’un des constats majeurs de cette étude porte sur le manque abyssal d’informations au niveau des communes (tous acteurs confondus) sur le phénomène des changements climatiques, sur les politiques nationales dans le domaine et même sur les prévisions météorologiques. Ce déficit de connaissances a des conséquences préjudiciables sur les capacités d’adaptation des collectivités locales et des populations. Informer sur les questions climatiques est donc un enjeu central pour que des mesures adaptées puissent être prises au niveau institutionnel, collectif et individuel. Au regard des perspectives annoncées par les scientifiques pour les années et décennies à venir, il est crucial d’intégrer les changements climatiques dans les planifications territoriales. Cette nécessité est d’autant plus aigue dans le cas du sud-ouest de Madagasikara que les impacts des variabilités climatiques se font déjà ressentir sur les moyens d’existence des populations et sur les ressources naturelles. Il est souvent admis par ailleurs que le niveau local et les communes, constitue l’échelle la plus adaptée pour concrétiser la prise en compte de ces enjeux en prenant des mesures d’adaptation pour le territoire. Les perturbations climatiques sont perceptibles dans la région d’Atsimo Andrefana depuis plusieurs années. Les changements les plus marquants au regard des moyens d’existence de la population concernent la diminution et l’imprévisibilité des précipitations, les variations dans l’intensité et la direction des vents et l’augmentation des températures ressenties. D’après les populations locales, ces changements ont été observés vers l’année 2000 mais se sont intensifiés depuis une dizaine d’années. Les incidences directes se manifestent par des sècheresses intenses et récurrentes dans toute la région. Les mesures d’adaptation des pratiques agricoles aux changements climatiques sont limitées. Certaines mesures d’adaptation des pratiques agricoles contribuent même à l’accentuation du phénomène. En effet, le déficit de pluie incite les paysans à accroitre la superficie cultivée en défrichant de nouvelles parcelles, mais aussi à davantage développer l’itinérance tant pour les cultures que pour la transhumance du bétail. Certaines cultures exigeantes en eau comme le maïs ou l’arachide sont abandonnées et des organisations internationales ont introduit le maraîchage auprès de groupes composés essentiellement de femmes. Le maraîchage est une alternative pour une diversification alimentaire et constitue un complément de revenus. Il est considéré par certains acteurs du développement comme une option pour réduire le défrichement associé à la production de charbon, la vente de bois ou encore l’agriculture sur brûlis. La gestion communautaire des ressources naturelles figure parmi l’une des stratégies adoptées par les populations locales pour enrayer la dégradation forestière au niveau de la région. Cette approche s’appuie sur la gestion locale sécurisée des ressources ou Gelose et est régie par la loi 96-025. Elle est fondée sur un accord tripartite entre les Communauté de Base (COBA), les communes (maires et conseils communaux) et les services techniques de l’Etat (chargées des forêts, des ressources pastorales ou halieutiques). Les communes reçoivent très peu d’appui de l’Etat central que ce soit en termes de subventions ou d’informations. Les représentants des collectivités territoriales sont peu sensibilisés aux enjeux des changements climatiques et n’ont ni les ressources ni les outils pour y faire face. Ils n’ont pas non plus les moyens de faire respecter la loi en matière de défrichement et se retrouvent souvent comme simples observateurs d’une métamorphose des paysages du territoire sous leur juridiction. Ils n’ont pas non plus accès aux informations ou données météorologiques et climatiques.
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Numéro du document : |
PMB environnement/08 |
Niveau Bibliographique : |
1 |
Indicateur Bibliographique : |
B |
Bull1 (Theme principale) : |
GESTION DE L'ENVIRONNEMENT |
Bull2 (Theme secondaire) : |
ASPECTS SOCIO-ECONOMIQUES |
En ligne : |
https://www.actioncontrelafaim.org/wp-content/uploads/2017/09/2020-ACF-Etude-CC- [...] |
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