[article]
Titre : |
Royal affairs and the power of (fictive) kin : Mediumship, maternity and the contemporary politics of Bemazava identity |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Lesley A. Sharp, Auteur |
Année de publication : |
2022 |
Article en page(s) : |
p 111-134 |
Langues : |
Français (fre) Anglais (eng) |
Catégories : |
SCIENCES SOCIALES
|
Mots-clés : |
MADAGASIKARA BEMAZAVA VALEUR CULTURELLE MIGRATION SAMBIRANO |
Résumé : |
La vallée du Sambirano est une région fertile et prospère du Nord-Ouest malagasy et elle est aussi le tanindrazana du groupe Bemazava, la branche le plus au Nord des royaumes sakalava qui s'étendent sur toute la côte ouest de l'Ile. Depuis le début du siècle, ce paysage sacré a été dominé par les concessions, grandes et petites, établies lors de la colonisation française. A partir des années 20, ces concessions font appel à une main d'oeuvre à grande échelle et des immigrés sont venus en grand nombre pour des séjours courts ou longs. Quant aux autochtones sakalava, les propriétaires originaux de la région de Sambirano dits "enfants de la terre" (tera-tany), ils ont toujours refusé de s'engager aux concessions et en conséquence, presque la moitié de la population de la ville d'Ambanja est constituée des immigrés non-sakalava, dit "vahiny" qui y sont venus chercher fortune. A cause de cette invasion de leur territoire, des sakalava urbains se méfient des étrangers, pourtant ils ont une longue tradition historique d'assimiler de nombreux groupes-malagasy aussi bien qu'étrangers-qui s'installent chez eux et prennent leurs filles comme épouses. Etant donné ce contexte, 3 questions se posent : par quels moyens ces immigrés sont-ils assimilés dans les communautés sakalava? Comment l'identité autochtone sakalava, garde-t-elle son intégrité face à cette invasion au lieu de se fragmenter?Quels sont les facteurs en dehors de l'ethnicité-tel l'âge et le genre-qui médisent l'incorporation?
Cet article examine les dynamiques du genre, de la migration et du pouvoir dans cette région pluri-culturelle. D'après l'analyse, les femmes immigrées arrivent à accéder au statut de tera-tany plus facile que les hommes. Dans cette communauté où le pluri-culturalisme et le métissage confondent des définitions locales de l'identité, la parenté fictive se présente comme un moyen important de préserver un sens cohésif de ce que c'est dêtre Bemazava tera-tany. 2 institutions sont intéressantes à cet égard : la première est le tromba, la possession par des ancêtres royaux sakalava. On peut compter dans ce culte quelques médiums mâles mais la plupart sont des femmes. Dans la ville même d'Ambanja, le tromba est tès répandu et la plupart des femmesy participent mais pour y participer, il faut un accès aux réseaux des médiums les plus établis; donc pas à la portée des nouveaux venus. C'est intéressant de noter que quand une femme de statut vahiny est inaugurée comme médium, elle est transformée en tera-tany, en incarnant des ancêtres royaux, elle devient sakalava.
Une seconde institution qui favorise les femmes sur les hommes est le domaine des pratiques post-partum. Les sakalava du nord sont uniques dans l'ethnographie malagasy dans le sens où ils pratiquent le ranginalo, des pratiques post-partum froides. Dans le Nord, on croit que tous les autres groupes malagasy et étrangers suivent les traditions du mifana/mafana "chaudes. Quand un enfant est né d'une union mixte sakalava et non-sakalava, c'est à la mère de choisir entre les 2 traditions, le chaud ou le froid. Comme le disent les Sakalava, le ranginalo est plus fort que le mifana/mafana donc pour mieux protéger la santé de l'enfant, des mères optent souvent pour le ranginalo. En le choisissant, une femme devient sakalava, son enfant par contre est marqué comme sakalava pour la vie, du fait que sa mère a suivi le ranginalo après sa naissance. En conclusion, ces 2 institutions aident à une intégration plus facile pour des femmes immigrées vahiny (et aussi leurs enfants) dans des communautés Bemazava tera-tany que pour des hommes. Il en résulte que des femmes ont plus de possibilités de se transformer en sakalava tandis que les hommes tendent à rester des étrangers dans le Sambirano. |
Numéro du document : |
42484/DI 034 |
Niveau Bibliographique : |
5 |
Bull1 (Theme principale) : |
CULTURES ET HUMANITES |
Bull2 (Theme secondaire) : |
CULTURE |
in Repenser " la femme malgache" : de nouvelles perspectives sur le genre à Madagascar > 13 (Numero special 2000) . - p 111-134
[article] Royal affairs and the power of (fictive) kin : Mediumship, maternity and the contemporary politics of Bemazava identity [texte imprimé] / Lesley A. Sharp, Auteur . - 2022 . - p 111-134. Langues : Français ( fre) Anglais ( eng) in Repenser " la femme malgache" : de nouvelles perspectives sur le genre à Madagascar > 13 (Numero special 2000) . - p 111-134
Catégories : |
SCIENCES SOCIALES
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Mots-clés : |
MADAGASIKARA BEMAZAVA VALEUR CULTURELLE MIGRATION SAMBIRANO |
Résumé : |
La vallée du Sambirano est une région fertile et prospère du Nord-Ouest malagasy et elle est aussi le tanindrazana du groupe Bemazava, la branche le plus au Nord des royaumes sakalava qui s'étendent sur toute la côte ouest de l'Ile. Depuis le début du siècle, ce paysage sacré a été dominé par les concessions, grandes et petites, établies lors de la colonisation française. A partir des années 20, ces concessions font appel à une main d'oeuvre à grande échelle et des immigrés sont venus en grand nombre pour des séjours courts ou longs. Quant aux autochtones sakalava, les propriétaires originaux de la région de Sambirano dits "enfants de la terre" (tera-tany), ils ont toujours refusé de s'engager aux concessions et en conséquence, presque la moitié de la population de la ville d'Ambanja est constituée des immigrés non-sakalava, dit "vahiny" qui y sont venus chercher fortune. A cause de cette invasion de leur territoire, des sakalava urbains se méfient des étrangers, pourtant ils ont une longue tradition historique d'assimiler de nombreux groupes-malagasy aussi bien qu'étrangers-qui s'installent chez eux et prennent leurs filles comme épouses. Etant donné ce contexte, 3 questions se posent : par quels moyens ces immigrés sont-ils assimilés dans les communautés sakalava? Comment l'identité autochtone sakalava, garde-t-elle son intégrité face à cette invasion au lieu de se fragmenter?Quels sont les facteurs en dehors de l'ethnicité-tel l'âge et le genre-qui médisent l'incorporation?
Cet article examine les dynamiques du genre, de la migration et du pouvoir dans cette région pluri-culturelle. D'après l'analyse, les femmes immigrées arrivent à accéder au statut de tera-tany plus facile que les hommes. Dans cette communauté où le pluri-culturalisme et le métissage confondent des définitions locales de l'identité, la parenté fictive se présente comme un moyen important de préserver un sens cohésif de ce que c'est dêtre Bemazava tera-tany. 2 institutions sont intéressantes à cet égard : la première est le tromba, la possession par des ancêtres royaux sakalava. On peut compter dans ce culte quelques médiums mâles mais la plupart sont des femmes. Dans la ville même d'Ambanja, le tromba est tès répandu et la plupart des femmesy participent mais pour y participer, il faut un accès aux réseaux des médiums les plus établis; donc pas à la portée des nouveaux venus. C'est intéressant de noter que quand une femme de statut vahiny est inaugurée comme médium, elle est transformée en tera-tany, en incarnant des ancêtres royaux, elle devient sakalava.
Une seconde institution qui favorise les femmes sur les hommes est le domaine des pratiques post-partum. Les sakalava du nord sont uniques dans l'ethnographie malagasy dans le sens où ils pratiquent le ranginalo, des pratiques post-partum froides. Dans le Nord, on croit que tous les autres groupes malagasy et étrangers suivent les traditions du mifana/mafana "chaudes. Quand un enfant est né d'une union mixte sakalava et non-sakalava, c'est à la mère de choisir entre les 2 traditions, le chaud ou le froid. Comme le disent les Sakalava, le ranginalo est plus fort que le mifana/mafana donc pour mieux protéger la santé de l'enfant, des mères optent souvent pour le ranginalo. En le choisissant, une femme devient sakalava, son enfant par contre est marqué comme sakalava pour la vie, du fait que sa mère a suivi le ranginalo après sa naissance. En conclusion, ces 2 institutions aident à une intégration plus facile pour des femmes immigrées vahiny (et aussi leurs enfants) dans des communautés Bemazava tera-tany que pour des hommes. Il en résulte que des femmes ont plus de possibilités de se transformer en sakalava tandis que les hommes tendent à rester des étrangers dans le Sambirano. |
Numéro du document : |
42484/DI 034 |
Niveau Bibliographique : |
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Bull1 (Theme principale) : |
CULTURES ET HUMANITES |
Bull2 (Theme secondaire) : |
CULTURE |
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