[article]
Titre : |
Childbirth and the affiliation of children in northwestern madagasikara |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Gillian Feeley-Harnik, Auteur |
Année de publication : |
2022 |
Article en page(s) : |
p 135-172 |
Langues : |
Français (fre) Anglais (eng) |
Catégories : |
SCIENCES SOCIALES
|
Mots-clés : |
MADAGASIKARA NAISSANCE COUTUMES AFFILIATION DES ENFANTS |
Résumé : |
Cet article est inspiré d'une histoire concernant la naissance et la maîtrise des enfants racontée par deux femmes lors d'enquêtes sur la naissance en 1989 dans la région d'Analalava. Selon cette histoire, Dieu donna le choix suivant à une femme : qu'il la tue ou qu'il tue son enfant. Elle a proposé l'enfant. Dieu a proclamé que dorénavant, les enfants appartiendront aux hommes. Cette histoire crée un portrait morne et rancunier des femmes en couches : "l'homme est le maître des enfants" et non pas la femme qui donne la vie, parce que le premier a le courage de se sacrifier tandis que la femme, soi-disant ne l'avait pas. Pourtant cette histoire contredit les réalités de la naissance. L'aspect le plus frappant de l'acte d'accouchement dans cette région est le courage des femmes de mettre en avant une autre vie qui n'est pas encore certaine et le courage face à un taux de mortalité enfantine actuel de 120 sur 1000 couches et un taux de mortalité maternelle de 2,4 sur 1000 couches. "La maîtrise des enfants" par l'homme se complique aussi dès qu'on considère les identités variables de cet "homme" générique : suivant les circonstances, il peut être le père, l'amant, le mari, le frère, le fils ou bien un citoyen de l'Etat malagasy soumis aux lois et aux coutumes locales qui ont aussi leur mot à dire sur l'identité et sur la garde des enfants.
Le premier but de cet article est de documenter l'héroisme des femmes face à une lutte mortelle qui ne garantit jamais qu'elles en sortiront vivantes. Les gens de cette région disent que la naissance est la lutte de sagaie des femmes (ady antsaboa), comparable à la circoncision des hommes. Dans ses études sur l'Imerina, Maurice Bloch (1986) insiste sur le fait que le rite de circoncision (comme les rites funéraires ou ceux des seconds enterrements ) est le moyen par lequel les hommes s'établissent comme chefs de lignée en dévalorisant les relations associées avec la naissance, la mort et les femmes. Cette dévalorisation des actions humaines à travers les rites de plus en plus isolés des croyances et pratiques quotidiennes, transforme les rites en idéologie : "des présentations sous un faux jour du monde qui justifie l'exploitation " (1986 : 175). La défaite des femmes, effectuée, soi-disant, au cours de ces rites, permet la mort physique de se transformer en une renaissance sociale. Ce sont les hommes qui contrôlent ces transformations, tandis que les femmes laissées porter le cadavre sont polluées par la mort. Bloch insiste aussi que ces rites de passage-la circoncision et les funérailles -sont plus importants que la naissance pour former l'identité sociale de la personne.
Comme Bloch, le problème est abordé avec une approche sociologique et non psychologique. Mais dans la perspective de l'auteur, les intérêts en jeu sont beaucoup plus compliqués à cause des variations régionales et des facteurs politico-économiques et historiques qui s'y insèrent. Il est certain que les résidents du Nord-Ouest malagasy considèrent certains aspects de la naissance pour former l'identité sociale de la personne. Comme Bloch, le problème est abordé avec une approche sociologique et non psychologique mais dans la perspective de l'auteur, les intérêts en jeu sont beaucoup plus compliqués à cause des variations régionales, et des facteurs politico-économiques et histotiques qu s'y insèrent. Il est certain que les résidents du Nord-Ouest malagasy considèrent certains aspects de la naissance comme impurs, dangereux et pernicieux or ils ont conscience aussi des inégalités politico-économiques qui contribuent à rendre la vie de certains des leurs, dangereuse ou polluée.
Dans ses travaux antérieurs, l'auteur a souligné que les rites funéraires, quelque soit le rang social du défunt nécessitent une collaboration étroite entre les femmes et les hommes. Il en est de même pour la naissance et à partir des données ethnographiques et historiques présentées ici, la naissance est un évènement critique dans la formation de l'identité de l'individu parce qu'elle l'établit comme étant l'enfant d'un père et d'une mère.
Il est utile de voir comment les problèmes des femmes et des enfants dans des sociétés diverses comme à Madagasikara, en France et aux USA, sont liés par les préoccupations communes de la naissance et de la maternité mais aussi par leur participation dans les rapports politico-économiques mondiales qui contribuent à l'appauvrissement des femmes et des enfants en général. |
Numéro du document : |
42484/DI 034 |
Niveau Bibliographique : |
5 |
Bull1 (Theme principale) : |
CULTURES ET HUMANITES |
Bull2 (Theme secondaire) : |
CULTURE |
in Repenser " la femme malgache" : de nouvelles perspectives sur le genre à Madagascar > 13 (Numero special 2000) . - p 135-172
[article] Childbirth and the affiliation of children in northwestern madagasikara [texte imprimé] / Gillian Feeley-Harnik, Auteur . - 2022 . - p 135-172. Langues : Français ( fre) Anglais ( eng) in Repenser " la femme malgache" : de nouvelles perspectives sur le genre à Madagascar > 13 (Numero special 2000) . - p 135-172
Catégories : |
SCIENCES SOCIALES
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Mots-clés : |
MADAGASIKARA NAISSANCE COUTUMES AFFILIATION DES ENFANTS |
Résumé : |
Cet article est inspiré d'une histoire concernant la naissance et la maîtrise des enfants racontée par deux femmes lors d'enquêtes sur la naissance en 1989 dans la région d'Analalava. Selon cette histoire, Dieu donna le choix suivant à une femme : qu'il la tue ou qu'il tue son enfant. Elle a proposé l'enfant. Dieu a proclamé que dorénavant, les enfants appartiendront aux hommes. Cette histoire crée un portrait morne et rancunier des femmes en couches : "l'homme est le maître des enfants" et non pas la femme qui donne la vie, parce que le premier a le courage de se sacrifier tandis que la femme, soi-disant ne l'avait pas. Pourtant cette histoire contredit les réalités de la naissance. L'aspect le plus frappant de l'acte d'accouchement dans cette région est le courage des femmes de mettre en avant une autre vie qui n'est pas encore certaine et le courage face à un taux de mortalité enfantine actuel de 120 sur 1000 couches et un taux de mortalité maternelle de 2,4 sur 1000 couches. "La maîtrise des enfants" par l'homme se complique aussi dès qu'on considère les identités variables de cet "homme" générique : suivant les circonstances, il peut être le père, l'amant, le mari, le frère, le fils ou bien un citoyen de l'Etat malagasy soumis aux lois et aux coutumes locales qui ont aussi leur mot à dire sur l'identité et sur la garde des enfants.
Le premier but de cet article est de documenter l'héroisme des femmes face à une lutte mortelle qui ne garantit jamais qu'elles en sortiront vivantes. Les gens de cette région disent que la naissance est la lutte de sagaie des femmes (ady antsaboa), comparable à la circoncision des hommes. Dans ses études sur l'Imerina, Maurice Bloch (1986) insiste sur le fait que le rite de circoncision (comme les rites funéraires ou ceux des seconds enterrements ) est le moyen par lequel les hommes s'établissent comme chefs de lignée en dévalorisant les relations associées avec la naissance, la mort et les femmes. Cette dévalorisation des actions humaines à travers les rites de plus en plus isolés des croyances et pratiques quotidiennes, transforme les rites en idéologie : "des présentations sous un faux jour du monde qui justifie l'exploitation " (1986 : 175). La défaite des femmes, effectuée, soi-disant, au cours de ces rites, permet la mort physique de se transformer en une renaissance sociale. Ce sont les hommes qui contrôlent ces transformations, tandis que les femmes laissées porter le cadavre sont polluées par la mort. Bloch insiste aussi que ces rites de passage-la circoncision et les funérailles -sont plus importants que la naissance pour former l'identité sociale de la personne.
Comme Bloch, le problème est abordé avec une approche sociologique et non psychologique. Mais dans la perspective de l'auteur, les intérêts en jeu sont beaucoup plus compliqués à cause des variations régionales et des facteurs politico-économiques et historiques qui s'y insèrent. Il est certain que les résidents du Nord-Ouest malagasy considèrent certains aspects de la naissance pour former l'identité sociale de la personne. Comme Bloch, le problème est abordé avec une approche sociologique et non psychologique mais dans la perspective de l'auteur, les intérêts en jeu sont beaucoup plus compliqués à cause des variations régionales, et des facteurs politico-économiques et histotiques qu s'y insèrent. Il est certain que les résidents du Nord-Ouest malagasy considèrent certains aspects de la naissance comme impurs, dangereux et pernicieux or ils ont conscience aussi des inégalités politico-économiques qui contribuent à rendre la vie de certains des leurs, dangereuse ou polluée.
Dans ses travaux antérieurs, l'auteur a souligné que les rites funéraires, quelque soit le rang social du défunt nécessitent une collaboration étroite entre les femmes et les hommes. Il en est de même pour la naissance et à partir des données ethnographiques et historiques présentées ici, la naissance est un évènement critique dans la formation de l'identité de l'individu parce qu'elle l'établit comme étant l'enfant d'un père et d'une mère.
Il est utile de voir comment les problèmes des femmes et des enfants dans des sociétés diverses comme à Madagasikara, en France et aux USA, sont liés par les préoccupations communes de la naissance et de la maternité mais aussi par leur participation dans les rapports politico-économiques mondiales qui contribuent à l'appauvrissement des femmes et des enfants en général. |
Numéro du document : |
42484/DI 034 |
Niveau Bibliographique : |
5 |
Bull1 (Theme principale) : |
CULTURES ET HUMANITES |
Bull2 (Theme secondaire) : |
CULTURE |
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