Titre : |
Observations et perceptions des changements climatiques : Analyse comparée dans trois pays d’Afrique de l’Ouest |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Benjamin Sultan, Auteur ; Richard Lalou, Auteur ; Frédéric Kosmowski, Auteur |
Importance : |
p 89-110 |
Langues : |
Français (fre) |
Catégories : |
SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT
|
Mots-clés : |
CHANGEMENT CLIMATIQUE AFRIQUE DE L'OUEST |
Résumé : |
Les processus cognitifs à l’oeuvre dans l’assimilation d’une information perçue et dans celle d’une information apprise sont également différents. L’apprentissage du changement climatique par l’expérience personnelle et répétée repose sur des mécanismes
qui font appel au sensible, au tangible et à l’immédiateté, et les interprétations qui en découlent relèvent de principes associatifs et affectifs (WEBER, 2010). En se fondant sur l’aléa, plus que sur le risque – surtout quand il est faible –, la perception
est aussi plus volatile, car susceptible de changer quand le danger se fait moins fréquent ou quand ses impacts sont moins importants. À l’inverse, l’apprentissage par la description statistique suppose une démarche analytique et intelligible, et nécessite un temps d’assimilation plus long. Plusieurs raisons sont mises en évidence par les auteurs pour expliquer ces divergences. La notion d’un « idéal pluviométrique » à travers lequel l’évolution des pluies est jugée par les exploitants est avancée par MEZE-HAUSKEN. Dans cette perspective, la perception des changements climatiques est basée sur les besoins pluviométriques – nécessaires aux besoins du ménage – plutôt que sur la pluviométrie réelle, conduisant ainsi à un décalage avec
les attentes. D’autres auteurs soulignent le fait que les événements récents peuvent influencer les perceptions sur la tendance des précipitations à long terme. Enfin, une troisième explication est liée à des changements dans les systèmes de production, qui sont difficiles à distinguer des modèles de précipitations. En s’appuyant sur ces différentes analyses, on propose d’interroger les perceptions
des évolutions climatiques récentes par les populations d’Afrique de l’Ouest et de les confronter aux observations des scientifiques. Le climat et sa dynamique actuelle n’étant pas à l’évidence une réalité uniforme à l’échelle de la région continentale, on a considéré trois pays afin de couvrir un large éventail de zones géo-climatiques.
Le Niger, traversé par trois strates de climat, qui vont des zones désertiques au nord, au début de la zone semi-aride du sud, est pris en compte dans sa totalité, et renseigne les perceptions climatiques dans tous les milieux d’habitat. Les deux autres pays
portent sur des zones plus restreintes et toutes rurales. Au Bénin,
l’étude se situe dans la partie nord du pays, dans sa zone soudano-guinéenne. Quant au territoire étudié au Sénégal, il se positionne d’un point de vue pluviométrique entre les deux autres pays, dans une zone semi-aride de savane arborée. C’est donc sous l’éclairage de ces trois contextes et de tous les milieux de résidence
que on évalue, à l’aune des observations scientifiques, les capacités des populations à détecter les changements récents du climat. On tente de comprendre comment ces mêmes populations parviennent à percevoir les réalités du climat, en fonction de leurs dispositions sociales et professionnelles et des déterminations de leur milieu. L’hypothèse centrale à cette étude est que les individus détectent d’autant mieux les évolutions du climat qu’ils sont connectés à leur environnement naturel. |
Numéro du document : |
PMB environnement/99 |
Niveau Bibliographique : |
2 |
Bull1 (Theme principale) : |
METEOROLOGIE;ATMOSPHERE;CLIMATOLOGIE |
Bull2 (Theme secondaire) : |
ATMOSPHERE ET CLIMATOLOGIE-CONSIDERATION GENERALE |
Observations et perceptions des changements climatiques : Analyse comparée dans trois pays d’Afrique de l’Ouest [texte imprimé] / Benjamin Sultan, Auteur ; Richard Lalou, Auteur ; Frédéric Kosmowski, Auteur . - [s.d.] . - p 89-110. Langues : Français ( fre)
Catégories : |
SCIENCES DE L'ENVIRONNEMENT
|
Mots-clés : |
CHANGEMENT CLIMATIQUE AFRIQUE DE L'OUEST |
Résumé : |
Les processus cognitifs à l’oeuvre dans l’assimilation d’une information perçue et dans celle d’une information apprise sont également différents. L’apprentissage du changement climatique par l’expérience personnelle et répétée repose sur des mécanismes
qui font appel au sensible, au tangible et à l’immédiateté, et les interprétations qui en découlent relèvent de principes associatifs et affectifs (WEBER, 2010). En se fondant sur l’aléa, plus que sur le risque – surtout quand il est faible –, la perception
est aussi plus volatile, car susceptible de changer quand le danger se fait moins fréquent ou quand ses impacts sont moins importants. À l’inverse, l’apprentissage par la description statistique suppose une démarche analytique et intelligible, et nécessite un temps d’assimilation plus long. Plusieurs raisons sont mises en évidence par les auteurs pour expliquer ces divergences. La notion d’un « idéal pluviométrique » à travers lequel l’évolution des pluies est jugée par les exploitants est avancée par MEZE-HAUSKEN. Dans cette perspective, la perception des changements climatiques est basée sur les besoins pluviométriques – nécessaires aux besoins du ménage – plutôt que sur la pluviométrie réelle, conduisant ainsi à un décalage avec
les attentes. D’autres auteurs soulignent le fait que les événements récents peuvent influencer les perceptions sur la tendance des précipitations à long terme. Enfin, une troisième explication est liée à des changements dans les systèmes de production, qui sont difficiles à distinguer des modèles de précipitations. En s’appuyant sur ces différentes analyses, on propose d’interroger les perceptions
des évolutions climatiques récentes par les populations d’Afrique de l’Ouest et de les confronter aux observations des scientifiques. Le climat et sa dynamique actuelle n’étant pas à l’évidence une réalité uniforme à l’échelle de la région continentale, on a considéré trois pays afin de couvrir un large éventail de zones géo-climatiques.
Le Niger, traversé par trois strates de climat, qui vont des zones désertiques au nord, au début de la zone semi-aride du sud, est pris en compte dans sa totalité, et renseigne les perceptions climatiques dans tous les milieux d’habitat. Les deux autres pays
portent sur des zones plus restreintes et toutes rurales. Au Bénin,
l’étude se situe dans la partie nord du pays, dans sa zone soudano-guinéenne. Quant au territoire étudié au Sénégal, il se positionne d’un point de vue pluviométrique entre les deux autres pays, dans une zone semi-aride de savane arborée. C’est donc sous l’éclairage de ces trois contextes et de tous les milieux de résidence
que on évalue, à l’aune des observations scientifiques, les capacités des populations à détecter les changements récents du climat. On tente de comprendre comment ces mêmes populations parviennent à percevoir les réalités du climat, en fonction de leurs dispositions sociales et professionnelles et des déterminations de leur milieu. L’hypothèse centrale à cette étude est que les individus détectent d’autant mieux les évolutions du climat qu’ils sont connectés à leur environnement naturel. |
Numéro du document : |
PMB environnement/99 |
Niveau Bibliographique : |
2 |
Bull1 (Theme principale) : |
METEOROLOGIE;ATMOSPHERE;CLIMATOLOGIE |
Bull2 (Theme secondaire) : |
ATMOSPHERE ET CLIMATOLOGIE-CONSIDERATION GENERALE |
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