| Titre : |
Madagascar se souvient : les multiples visages du monument aux morts du lac Anosy Antananarivo |
| Type de document : |
texte imprimé |
| Auteurs : |
Eric Jennings |
| Importance : |
17 p. |
| Langues : |
Français (fre) |
| Mots-clés : |
MADAGASIKARA SITE ROYAL PREMIERE GUERRE MONDIALE LAC ANOSY HISTOIRE CULTURE IDENTITE CULTURELLE |
| Résumé : |
Nombreux sont ceux qui ont déploré le silence quasi total sur l'outre-mer et la colonisation dans les Lieux de mémoire de Pierre Nora (à l'exception d'un chapitre sur l'Exposition de 1931). Nora lui-même a posé la question, qui peut pourtant ressembler à une évidence, de savoir si la notion de lieu de mémoire était aisément exportable. Très récemment, grâce notamment à Robert Aldrich et Gregory Mann, une excellente historiographie anglophone s'est développée sur la commémoration et les lieux de mémoire coloniaux français. Cette thématique promet de mettre en lumière des tensions empreintes dans la pierre à l'heure même où des fissures apparaissaient dans l'édifice colonial - lorsque les élites indigènes notamment, cherchèrent à traduire le sacrifice de la grande guerre en réformes impériales. Une telle approche devrait en outre révéler une catégorie liminale, celle de monuments tant français que malgaches. Ceux-ci s'avèrent en effet à la fois « étrangers » et « nationaux », « exotiques » et « familiers », « locaux » et « universel). Chantal Valensky a déjà mis en relief la place d'intermédiaire culturel qu'occupaient les recrues malgaches dans l'armée française, et l'hybridité correspondante de certains monuments malgaches, témoins d'une affiliation culturelle duelle5. J'espère pour ma part mettre en exergue les différents intérêts inscrits dans un monument composite, et révéler certaines des lectures insoupçonnées de ce lieu de mémoire délibérément hybride. En analysant un monument aux morts dédié aux algaches « morts pour la France » dans la capitale de Madagascar, j'entends donc étudier les enjeux et la signification d'un objet singulier. Le monument du Lac Anosy s'y prête admirablement. Construit sur les fondations d'une maison de campagne royale, il était censé usurper le passé et le prestige Merina. Son emplacement est donc critique. Ses formes et ses fonctions, longuement mûries et débattues lors de la naissance du projet en 1924, allaient, bien sûr, évoluer au fil du temps. Quatre grands axes retiendront tout particulièrement notre attention : la manière dont le monument
fut intégré dans la géographie urbaine et politique de la capitale malgache, sa morphologie et ses fonctions, son discours du sacrifice, et l'épineuse question des souscriptions. |
| Numéro du document : |
14B |
| Niveau Bibliographique : |
1 |
| Bull1 (Theme principale) : |
HISTOIRE DE MADAGASIKARA |
Madagascar se souvient : les multiples visages du monument aux morts du lac Anosy Antananarivo [texte imprimé] / Eric Jennings . - [s.d.] . - 17 p. Langues : Français ( fre)
| Mots-clés : |
MADAGASIKARA SITE ROYAL PREMIERE GUERRE MONDIALE LAC ANOSY HISTOIRE CULTURE IDENTITE CULTURELLE |
| Résumé : |
Nombreux sont ceux qui ont déploré le silence quasi total sur l'outre-mer et la colonisation dans les Lieux de mémoire de Pierre Nora (à l'exception d'un chapitre sur l'Exposition de 1931). Nora lui-même a posé la question, qui peut pourtant ressembler à une évidence, de savoir si la notion de lieu de mémoire était aisément exportable. Très récemment, grâce notamment à Robert Aldrich et Gregory Mann, une excellente historiographie anglophone s'est développée sur la commémoration et les lieux de mémoire coloniaux français. Cette thématique promet de mettre en lumière des tensions empreintes dans la pierre à l'heure même où des fissures apparaissaient dans l'édifice colonial - lorsque les élites indigènes notamment, cherchèrent à traduire le sacrifice de la grande guerre en réformes impériales. Une telle approche devrait en outre révéler une catégorie liminale, celle de monuments tant français que malgaches. Ceux-ci s'avèrent en effet à la fois « étrangers » et « nationaux », « exotiques » et « familiers », « locaux » et « universel). Chantal Valensky a déjà mis en relief la place d'intermédiaire culturel qu'occupaient les recrues malgaches dans l'armée française, et l'hybridité correspondante de certains monuments malgaches, témoins d'une affiliation culturelle duelle5. J'espère pour ma part mettre en exergue les différents intérêts inscrits dans un monument composite, et révéler certaines des lectures insoupçonnées de ce lieu de mémoire délibérément hybride. En analysant un monument aux morts dédié aux algaches « morts pour la France » dans la capitale de Madagascar, j'entends donc étudier les enjeux et la signification d'un objet singulier. Le monument du Lac Anosy s'y prête admirablement. Construit sur les fondations d'une maison de campagne royale, il était censé usurper le passé et le prestige Merina. Son emplacement est donc critique. Ses formes et ses fonctions, longuement mûries et débattues lors de la naissance du projet en 1924, allaient, bien sûr, évoluer au fil du temps. Quatre grands axes retiendront tout particulièrement notre attention : la manière dont le monument
fut intégré dans la géographie urbaine et politique de la capitale malgache, sa morphologie et ses fonctions, son discours du sacrifice, et l'épineuse question des souscriptions. |
| Numéro du document : |
14B |
| Niveau Bibliographique : |
1 |
| Bull1 (Theme principale) : |
HISTOIRE DE MADAGASIKARA |
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